Les textes des JMJ

Retrouvez ici toutes les paroles de Benoît XVI prononcées à l'occasion des JMJ de Madrid

RENCONTRE DU PAPE BENOÎT XVI AVEC LES JOURNALISTES AU COURS DU VOL VERS MADRID



Très Saint-Père, nous sommes arrivés à la vingt-sixième Journée mondiale de la jeunesse, la douzième célébrée par une grande rencontre mondiale. Jean-Paul II, qui en a été l'inspirateur, est à présent bienheureux et il est le protecteur officiel de cette JMJ de Madrid. Au début de votre pontificat, certains s'étaient demandés si vous auriez suivi les pas de votre prédécesseur. Actuellement, vous en êtes déjà à votre troisième Journée mondiale, après Cologne et Sydney. Quel sens donnez-vous à la signification de ces événements dans la «stratégie» pastorale de l'Eglise universelle au troisième millénaire?

Chers amis, bonjour! Je suis heureux de me rendre avec vous en Espagne pour ce grand événement. Après deux JMJ vécues également en personne, je peux dire que le Pape Jean-Paul II a reçu une réelle inspiration quand il a créé cette réalité d'une grande rencontre des jeunes et du monde avec le Seigneur. Je dirais que ces JMJ sont un signal, une cascade de lumière; elles donnent une visibilité à la foi, une visibilité à la présence de Dieu dans le monde et créent ainsi le courage d'être croyants. Les croyants se sentent souvent isolés dans ce monde, un peu perdus. Ici, ils voient qu'ils ne sont pas seuls, qu'il existe un grand réseau de foi, une grande communauté de croyants dans le monde, qu'il est beau de vivre dans cette amitié universelle. Il me semble que c'est ainsi que naissent les amitiés, des amitiés au-delà des frontières des différentes cultures, des différents pays. La naissance d'un réseau universel d'amitié qui relie le monde et Dieu est une réalité importante pour l'avenir de l'humanité, pour la vie de l'humanité aujourd'hui. Naturellement, la JMJ ne peut pas être un événement isolé: elle fait partie d'un chemin plus grand. Elle est préparée par ce chemin de la Croix des JMJ qui traverse différents pays, unissant déjà les jeunes sous le signe de la croix et sous le signe merveilleux de la Vierge. Ainsi, la préparation de la JMJ est naturellement beaucoup plus qu'une préparation technique d'un événement avec de nombreux problèmes techniques; c'est une préparation intérieure, c'est se mettre en marche vers les autres et ensemble vers Dieu. C'est ensuite que vient la création de groupes d'amitié. Garder ce contact universel ouvre les frontières des cultures et des oppositions humaines et religieuses. Cela devient un chemin continu qui conduit ensuite à un nouveau sommet, à une nouvelle JMJ. Il me semble que la JMJ doit être considérée dans ce sens, comme un signe, comme une partie d'un grand chemin qui crée des amitiés, ouvre des frontières et montre qu'il est beau d'être avec Dieu, que Dieu est avec nous. Dans ce sens, nous voulons poursuivre cette grande idée du bienheureux Pape Jean-Paul II.

Votre Sainteté, les temps changent. L'Europe et le monde occidental en général traversent une crise économique profonde, mais qui manifeste aussi des signes d'un grave malaise social et moral, d'une grande incertitude pour l'avenir, qui deviennent particulièrement douloureux pour les jeunes. Ces jours derniers, nous avons vu, par exemple, les événements qui ont eu lieu en Grande-Bretagne, avec le déchaînement de révoltes ou de l'agressivité. Dans le même temps, on constate des signes d'engagement généreux et enthousiaste, de volontariat et de solidarité, de jeunes croyants et non croyants. A Madrid, nous rencontrerons de très nombreux jeunes merveilleux. Quels messages l'Eglise peut-elle apporter pour redonner l'espérance et encourager les jeunes du monde, notamment ceux qui sont aujourd'hui tentés par le découragement et la révolte?

La crise économique actuelle confirme ce qui est déjà apparu dans la grande crise précédente, à savoir que la dimension éthique n'est pas une chose extérieure aux problèmes économiques mais une dimension intérieure et fondamentale. L'économie ne fonctionne pas seulement par une autorégulation de marché, mais elle a besoin d'une raison éthique pour fonctionner pour l'homme. Ici apparaît à nouveau ce que Jean-Paul II avait déjà dit dans sa première encyclique sociale, à savoir que l'homme doit être au centre de l'économie et que l'économie ne doit pas se mesurer en fonction du plus grand profit, mais en fonction du bien de tous, incluant la responsabilité de l'autre et ne fonctionnant vraiment bien que si elle agit de façon humaine, dans le respect de l'autre à travers différentes dimensions: responsabilité à l'égard de sa propre nation et pas seulement de soi; responsabilité à l'égard du monde — même une nation n'est pas isolée, même l'Europe n'est pas isolée, mais elle est responsable de l'humanité tout entière et doit penser à toujours affronter les problèmes économiques dans cette optique de responsabilité vis-à-vis des autres parties du monde, de celles qui souffrent, qui ont faim et soif et qui n'ont pas d'avenir. Et ainsi, la troisième dimension de cette responsabilité est la responsabilité pour l'avenir: nous savons que nous devons protéger notre planète, mais nous devons protéger, de manière générale, le fonctionnement du service du travail économique pour tous et penser que demain, c'est aussi aujourd'hui. Si les jeunes d'aujourd'hui ne voient pas de perspectives d'avenir dans leur vie, notre présent est erroné, il est «mauvais». Ainsi, l'Eglise, grâce à sa doctrine sociale, sa doctrine sur la responsabilité à l'égard de Dieu, permet de renoncer au plus grand profit et de voir les choses dans leur dimension humaniste et religieuse, c'est-à-dire être l'un pour l'autre. On peut ainsi ouvrir des routes. Le grand nombre de bénévoles qui travaillent dans différentes parties du monde, non pour eux-mêmes mais pour les autres et qui trouvent ainsi le sens de leur vie, montre que cela est possible et qu'éduquer à ces grands desseins, comme cherche à le faire l'Eglise, est fondamental pour notre avenir.

Les jeunes du monde d'aujourd'hui vivent généralement dans des milieux multiculturels et multiconfessionnels. La tolérance réciproque est plus nécessaire que jamais. Vous insistez toujours beaucoup sur le thème de la vérité. Ne pensez-vous pas que cette insistance sur la vérité et sur l'unique Vérité qui est le Christ puisse être un problème pour les jeunes d'aujourd'hui? Ne pensez-vous pas que cette insistance les oriente vers la contraposition et la difficulté de dialoguer et de chercher avec les autres?

Le lien entre vérité et intolérance, monothéisme et incapacité de dialogue avec les autres est un argument qui revient souvent dans le débat sur le christianisme d'aujourd'hui. Et naturellement, il est vrai que dans l'histoire, il y a également eu des abus aussi bien sur le concept de vérité que sur le concept de monothéisme; mais il s'est agi d'abus. La réalité est complètement différente. L'argument est faux parce que la vérité n'est accessible que dans la liberté. On peut imposer par la violence des comportements, des pratiques, des activités, mais pas la vérité! La vérité ne s'ouvre qu'à la liberté, qu'au consentement libre et donc, liberté et vérité sont intimement liées, l'une étant la condition de l'autre. Et du reste, chercher la vérité, les vraies valeurs, qui donnent vie et avenir ne connaît pas d'alternative. Nous ne voulons certes pas le mensonge, nous ne voulons pas le positivisme de normes imposées avec une certaine force. Seules les vraies valeurs conduisent à l'avenir et nous disons qu'il est donc nécessaire de rechercher les vraies valeurs et de ne pas donner libre cours à la volonté de certains, de ne pas laisser une raison positiviste s'imposer, nous disant que concernant les problèmes éthiques, les grands problèmes de l'homme: il n'y a pas de vérité rationnelle. Cela serait vraiment exposer l'homme à la volonté de ceux qui ont le pouvoir. Nous devons toujours être à la recherche de la vérité, des vraies valeurs; nous possédons un ensemble de valeurs, de droits humains fondamentaux; d'autres éléments fondamentaux semblables sont reconnus, et c'est précisément ceux-là qui nous mettent en dialogue l'un avec l'autre. La vérité en tant que telle est dialogique, car elle cherche à mieux connaître, à mieux comprendre et elle le fait en dialogue avec les autres. La plus grande défense de la liberté est donc la recherche de la vérité et de la dignité de l'homme.

Les Journées mondiales de la jeunesse constituent un très beau moment et suscitent de grands enthousiasmes, mais ensuite les jeunes rentrent chez eux et retrouvent un monde dans lequel la pratique religieuse est en très forte diminution. On ne reverra probablement plus beaucoup d'entre eux à l'Eglise. Comment faire pour donner une continuité aux fruits de la Journée mondiale de la jeunesse? Pensez-vous qu'elle porte effectivement des fruits de longue durée, au-delà des moments de grand enthousiasme?

Dieu sème toujours en silence. Cela n'apparaît pas tout de suite dans les statistiques. Le grain que le Seigneur met en terre avec la JMJ est comme celui dont parle l'Evangile: quelque chose tombe sur la route et se perd, quelque chose tombe sur la pierre et se perd, quelque chose tombe dans les ronces et se perd, mais quelque chose tombe dans de la bonne terre et porte beaucoup de fruits. Il en est de même avec la JMJ aussi: beaucoup se perd et cela est humain. Pour reprendre d'autres paroles du Seigneur, le grain de sénevé est petit mais grandit et devient un grand arbre. En d'autres termes encore, il est évident que l'on perd beaucoup, on ne peut pas dire tout de suite qu'une grande croissance de l'Eglise reprendra dès demain. Dieu n'agit pas ainsi. Mais la croissance — une grande croissance — se fait en silence. Je sais que les autres JMJ ont fait naître de grandes amitiés, des amitiés pour la vie; beaucoup de nouvelles expériences de la présence de Dieu. Nous avons confiance en cette croissance silencieuse. Nous croyons, même si les statistiques n'en parleront pas beaucoup, que la semence du Seigneur grandit vraiment et sera pour un très grand nombre de personnes le début d'une amitié avec Dieu et avec les autres, d'une universalité de la pensée, d'une responsabilité commune qui montre vraiment que ces journées portent du fruit. Merci!

CÉRÉMONIE DE BIENVENUE : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI 


Majestés,
Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid,
Messieurs les Cardinaux,
Chers frères dans l'Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Autorités nationales, des communautés autonomes et locales,
Cher peuple de Madrid et de l'Espagne toute entière

Merci, Majesté, pour votre présence ici avec la Reine, et pour les paroles si déférentes et affables que vous m'avez adressées en me souhaitant la bienvenue. Ces paroles me font revivre les inoubliables marques de sympathie reçues lors de mes visites apostoliques antérieures en Espagne, et plus particulièrement celles de mon récent voyage à Saint Jacques de Compostelle et à Barcelone. Je salue très cordialement ceux qui se trouvent présents à Barajas, et ceux qui suivent cet événement par la radio et la télévision. Je mentionne également avec grande reconnaissance tous ceux qui, instances ecclésiales et civiles, ont contribué par leurs efforts et leur travail, avec grand engagement et dévouement, pour que ces Journées Mondiales de la Jeunesse, de Madrid, puissent bien se dérouler et porter des fruits abondants.

Je désire aussi remercier de tout cœur pour l'hospitalité offerte par tant de familles, de paroisses, de collèges et d'autres institutions qui ont accueilli les jeunes venus du monde entier, d'abord dans différentes régions et villes d'Espagne, et maintenant dans cette grande ville de Madrid, cosmopolite et aux portes grandes ouvertes.

Je viens ici pour rencontrer des milliers de jeunes du monde entier, intéressés par le Christ ou en recherche de la vérité qui donne un sens authentique à leur existence. Je viens comme Successeur de Pierre pour les confirmer tous dans leur foi, en vivant quelques jours d'intense activité pastorale pour annoncer que Jésus-Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie. Pour pousser à l'engagement de construire le Règne de Dieu dans le monde, et entre nous. Pour exhorter les jeunes à rencontrer personnellement le Christ-Ami et ainsi, enracinés dans sa Personne, se convertir en disciples fidèles et en témoins courageux.

Pour quoi et par quoi cette multitude de jeunes est-elle venue à Madrid ? Bien que la réponse devrait être donnée par eux, on peut bien penser qu'ils désirent écouter la Parole de Dieu, comme l'a proposé la devise de ces Journées Mondiales de la Jeunesse, de manière qu'enracinés dans le Christ et construits sur Lui, ils manifestent la fermeté de leur foi.

Beaucoup d'entre eux ont écouté la voix de Dieu, parfois uniquement comme un léger murmure, qui les a poussés à le chercher avec plus de diligence, et à partager avec les autres l'expérience de la force qu'ils tiennent dans leur vie. Cette découverte du Dieu vivant anime les jeunes et ouvre leurs yeux aux défis du monde où ils vivent, avec leurs possibilités et leurs limites. Ils voient la superficialité, la consommation et l'hédonisme régnants, tant de banalité au moment de vivre la sexualité, tant de manques de solidarité, tant de corruption. Et ils savent que sans Dieu il serait difficile d'affronter ces défis et d'être vraiment heureux, tournant vers lui leur enthousiasme pour l'obtention d'une vie authentique. Toutefois, avec Lui à leurs côtés, ils obtiendront la lumière pour marcher et des raisons pour espérer, ne se décourageant pas devant ces hauts idéaux qui motiveront leur engagement généreux pour construire une société où la dignité humaine et une vraie fraternité se respectent. Ici, durant ces Journées, ils ont une occasion privilégiée pour mettre en commun leurs aspirations, échanger entre eux les richesses de leurs cultures et de leurs expériences, s'encourager mutuellement dans leur cheminement de foi et de vie, où certains se croient isolés ou ignorés par leur entourage quotidien. Mais non, ils ne sont pas seuls ! Beaucoup de leurs contemporains partagent leurs projets et, se confiant entièrement au Christ, ils savent qu'ils ont vraiment un avenir devant eux et ils ne craignent pas les engagements décisifs qui demandent toute la vie. Pour cela, les écouter, prier ensemble et célébrer l'Eucharistie avec eux me causent une immense joie. Les Journées Mondiales de la Jeunesse nous apporte un message d'espérance, comme une brise d'air pur et juvénile, avec des parfums nouveaux qui nous remplissent de confiance pour le demain de l'Église et du monde.

Certes, les difficultés ne manquent pas. Des tensions et des confrontations existent en tant d'endroits du monde, avec même du sang qui coule. La justice et la haute valeur de la personne humaine se plient facilement à des intérêts égoïstes, matériels et idéologiques. L'environnement et la nature que Dieu a créés avec tant d'amour ne sont pas respectés comme il se doit. De plus, beaucoup de jeunes regardent avec préoccupation leur avenir face à la difficulté de trouver un emploi digne ou bien pour l'avoir perdu ou encore parce que celui qu'ils ont est précaire et n'est pas assuré. Il y en a d'autres qui ont besoin d'aide pour ne pas tomber dans les filets de la drogue, d'une aide efficace si par malheur ils y sont déjà tombés. À cause de leur foi dans le Christ, beaucoup souffrent en eux-mêmes la discrimination, qui conduit à la dépréciation et à la persécution ouverte ou larvée qui afflige des régions déterminées de certains pays. Ils sont aussi sollicités pour s'éloigner de Lui, en les privant des signes de sa présence dans la vie publique, et en réduisant au silence son Nom même. Pourtant aujourd'hui, je redis aux jeunes, avec toute la force de mon cœur, que rien ni personne ne vous prive de la paix ! N'ayez pas honte du Seigneur ! Il n'a rien objecté à se faire l'un de nous et à faire l'expérience de nos angoisses pour nous élever vers Dieu, et faisant ainsi il nous a sauvés.

Dans ce contexte, il est urgent d'aider les jeunes disciples de Jésus à demeurer fermes dans la foi et à assumer la belle aventure de l'annoncer et d'en témoigner ouvertement par leurs propres vies. Un témoignage courageux et plein d'amour au frère humain, à la fois décidé et prudent, sans cacher sa propre identité chrétienne, dans un climat de respectueuse connivence avec d'autres options légitimes et en même temps avec l'exigence du respect dû aux propres convictions.

Majesté, en vous remerciant de nouveau pour l'accueil déférent que vous m'avez réservé, je désire exprimer mon appréciation et ma proximité à tous les peuples d'Espagne, tout comme mon admiration pour un pays si riche en histoire et en culture, pour la vitalité de sa foi qui a fructifié en de nombreux saints et saintes de toutes les époques, en de nombreux hommes et femmes qui, laissant leur terre, ont apporté l'Évangile aux limites du monde, et en des personnes droites, solidaires et bonnes de votre pays. C'est là un grand trésor dont il convient certainement de prendre soin par une attitude constructive pour le bien commun d'aujourd'hui et pour offrir un horizon lumineux à l'avenir des nouvelles générations. Même s'il existe actuellement des motifs de préoccupations, plus grand est l'élan des Espagnols, avec l'ardeur qui les caractérise, pour les dépasser, et ce qui y contribue le plus ce sont leurs racines chrétiennes profondes, très fécondes au cours des siècles.

A partir d'ici, je salue très cordialement tous les amis espagnols et madrilènes, et tous ceux qui sont venus d'autres terres. Durant ces jours je vous serai proche, ayant très présent à l'esprit tous les jeunes du monde, en particulier ceux qui passent par toutes sortes d'épreuves. Confiant cette rencontre à la très sainte Vierge Marie, et à l'intercession des saints protecteurs de ces Journées, je demande à Dieu qu'il bénisse et protège toujours les fils et les filles d'Espagne. Merci beaucoup.

FÊTE D'ACCUEIL DES JEUNES : SALUT INITIAL DU PAPE BENOÎT XVI 


Chers jeunes amis,

C'est une immense joie pour moi de vous rencontrer ici, dans le centre de cette belle ville de Madrid, dont les clés m'ont été aimablement remises par Monsieur le Maire. Aujourd'hui, elle est aussi la capitale des jeunes du monde entier vers laquelle toute l'Église a le regard tourné. Le Seigneur nous a réunis pour que nous vivions en ces jours l'expérience fraternelle des Journées Mondiales de la Jeunesse. Par votre présence et votre participation aux célébrations, le nom du Christ résonnera dans tous les recoins de cette ville renommée. Prions afin que son message d'espérance et d'amour ait aussi un écho dans le cœur de ceux qui ne croient pas ou qui se sont éloignés de l'Église. Merci beaucoup pour l'accueil chaleureux que vous m'avez réservé à mon entrée dans la ville, signe de votre amour et de votre attachement au Successeur de Pierre.

Je salue Monsieur le Cardinal Stanislaw Rylko, Président du Conseil Pontifical pour les Laïcs et ses collaborateurs dans ce Dicastère, en les remerciant tous pour le travail accompli. Je remercie également Monsieur le Cardinal Antonio Maria Rouco Varela, Archevêque de Madrid, pour ses aimables paroles et pour l'effort fourni par son archidiocèse, soutenu par les autres diocèses d'Espagne, pour préparer ces Journées Mondiales de la Jeunesse pour lesquelles ont travaillé aussi avec générosité beaucoup d'autres Églises particulières du monde entier. J'exprime ma gratitude envers les Autorités nationales, celles des Communautés autonomes et les Autorités locales pour leur aimable présence et pour leur généreuse collaboration au bon déroulement de cette grande rencontre. Merci à mes frères dans l'Épiscopat, aux prêtres, aux séminaristes, aux personnes consacrées et aux fidèles ici présents qui ont accompagné les jeunes pour vivre ces journées intenses de marche à la rencontre du Christ. Je vous salue tous cordialement dans le Seigneur et je vous redis que c'est une grande joie d'être ici avec vous tous. Que le feu de l'amour du Christ ne s'éteigne jamais dans vos cœurs !

Salutation en français

Chers jeunes francophones, vous avez répondu nombreux à l'appel du Seigneur à venir le rencontrer à Madrid. Je vous en félicite ! Bienvenue aux Journées Mondiales de la Jeunesse ! Vous portez en vous des questions et vous cherchez des réponses. Il est bon de chercher toujours. Recherchez surtout la Vérité qui n'est pas une idée, une idéologie ou un slogan, mais une Personne, le Christ, Dieu Lui-même venu parmi les hommes ! Vous avez raison de vouloir enraciner votre foi en Lui, de vouloir fonder votre vie dans le Christ. Il vous aime depuis toujours et vous connaît mieux que quiconque. Puissent ces journées riches de prière, d'enseignement et de rencontres vous aider à le découvrir encore pour mieux l'aimer. Que le Christ vous accompagne durant ce temps fort où, tous ensemble, nous allons le célébrer et le prier !

Salutation en anglais

Je salue cordialement les nombreux jeunes de langue anglaise qui sont venus à Madrid. Puissent ces jours de prière, d'amitié et de célébration nous rapprocher davantage les uns des autres et du Seigneur Jésus ! Ayez confiance dans la parole du Christ, le fondement de votre existence ! Enracinés et édifiés sur elle, fermes dans la foi et ouverts à la puissance de l'Esprit, vous trouverez votre place dans le plan de Dieu et vous enrichirez l'Église avec vos talents. Prions les uns pour les autres afin que nous puissions être de joyeux témoins du Christ, aujourd'hui et toujours. Dieu vous bénisse tous !

Salutation en allemand

Je vous salue très cordialement chers amis de langue allemande ! Je me réjouis que vous soyez venus si nombreux. Ensemble, nous voulons en ce jour confesser, approfondir et transmettre notre foi en Jésus Christ. Nous expérimentons toujours que c'est Lui qui donne le vrai sens à notre vie. Ouvrons nos cœurs au Christ. Qu'il nous offre à tous un moment agréable et béni ici à Madrid !

Salutation en italien

Chers jeunes Italiens, je vous salue cordialement et je me réjouis de votre forte participation animée par la joie de la foi. Vivez ces journées avec un esprit de prière intense et de fraternité, témoignant de la vitalité de l'Église en Italie, de celle des paroisses, des associations et des mouvements. Partagez cette richesse avec tous. Merci !

Salutation en portugais

Chers jeunes venus de divers pays de langue officielle portugaise, et tous ceux qui vous accompagnent, soyez les bienvenus à Madrid ! Je vous salue tous très cordialement et je vous invite à vous élever jusqu'à la source éternelle de votre jeunesse et à connaître le protagoniste absolu de ces Journées Mondiales et – je l'espère – de votre vie : le Christ Seigneur. En ces jours, écoutez personnellement sa Parole qui est proclamée. Laissez cette Parole pénétrer et s'enraciner dans vos cœurs, et construisez sur elle votre vie. Fermes dans la foi, vous serez comme des anneaux de la grande chaîne des fidèles. On ne peut croire sans être soutenu par la foi des autres, et par ma foi je contribue aussi à soutenir les autres dans leur foi. L'Église a besoin de vous, et vous avez besoin de l'Église.

Salutation en polonais

Je salue les jeunes venus de Pologne, compatriotes du Bienheureux Jean-Paul II, initiateur des Journées Mondiales de la Jeunesse. Je me réjouis de votre présence ici à Madrid ! Je vous souhaite de bonnes journées, instants de prières et d'affermissement de votre relation avec Jésus. Que l'Esprit de Dieu vous guide !

FÊTE D'ACCUEIL DES JEUNES : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI 


Chers amis,

Je remercie les jeunes représentants des cinq continents pour les paroles chaleureuses qu'ils m'ont adressées. Je salue affectueusement tous les jeunes qui sont ici réunis, provenant d'Océanie, d'Afrique, d'Amérique, d'Asie et d'Europe, ainsi que tous ceux qui n'ont pas pu venir. Je pense souvent à vous et prie pour vous. Dieu m'a accordé la grâce de pouvoir vous voir et vous entendre de plus près et de nous mettre ensemble à l'écoute de sa Parole.

Dans la Lecture qui vient d'être proclamée, nous avons entendu un passage de l'Évangile où il est dit d'accueillir les paroles de Jésus et de les mettre en pratique. Il y a des paroles qui ne servent qu'à entretenir une conversation et qui passent comme le vent. D'autres cultivent l'esprit sous divers aspects. Celles de Jésus, par contre, remplissent le cœur, s'y enracinent et façonnent notre vie tout entière. Sinon elles demeurent vides et deviennent éphémères. Elles ne nous rapprochent pas de Lui. Et, ainsi, le Christ continue d'être au loin, comme une voix parmi les nombreuses autres que nous entendons autour de nous et auxquelles nous sommes déjà accoutumés. De plus, le Maître qui parle n'enseigne pas ce qu'il a appris d'autres personnes, mais ce qu'Il est lui-même, le seul qui connaisse vraiment le chemin de l'homme vers Dieu, car c'est lui qui l'a ouvert pour nous, qui l'a créé pour que nous puissions parvenir à la vie authentique, celle qu'il vaut toujours la peine de vivre en toute circonstance et que la mort même ne peut détruire. L'Évangile continue en expliquant cela à travers l'image suggestive de celui qui construit sur un roc solide, résistant aux assauts des adversités, contrairement à celui qui bâtit sur le sable, parfois même dans un lieu paradisiaque, comme nous dirions aujourd'hui, mais qui se désagrège au premier souffle de vent et devient une ruine.

Chers jeunes, écoutez vraiment les paroles du Seigneur pour qu'elles soient en vous « esprit et vie » (Jn 6, 63), racines qui alimentent votre être, règles de conduite qui nous rendent semblables à la personne du Christ, en étant pauvres de cœur, affamés de justice, miséricordieux, en ayant un cœur pur, en aimant la paix. Faites-le chaque jour avec constance, comme on fait avec le seul Ami qui ne nous déçoit pas et avec qui nous voulons partager le chemin de notre vie. Vous savez bien que lorsque nous ne marchons pas au côté du Christ qui nous guide, nous nous dispersons sur d'autres sentiers, comme celui de nos propres impulsions aveugles et égoïstes, celui des propositions flatteuses mais intéressées, trompeuses et volubiles, qui laissent le vide et la frustration derrière elles.

Profitez de ces journées pour mieux connaître le Christ et soyez certains qu'enracinés en Lui votre enthousiasme et votre joie, vos désirs d'aller plus loin, d'atteindre ce qui est plus élevé, jusqu'à Dieu, auront toujours un avenir assuré, parce que la plénitude de la vie demeure déjà en vous. Faites-la grandir à l'aide de la grâce divine, généreusement et sans médiocrité, visant sérieusement l'objectif de la sainteté. Et, face à nos faiblesses, qui parfois nous écrasent, comptons également sur la miséricorde du Seigneur, qui est toujours prêt à nous tenir de nouveau la main et qui nous offre son pardon à travers le sacrement de la Pénitence.

En construisant sur le roc inébranlable, non seulement votre vie sera solide et stable, mais elle contribuera aussi à projeter la lumière du Christ sur les jeunes de votre âge et sur toute l'humanité, en présentant une alternative valable à tous ceux qui sont tombés dans leur vie, parce que les fondements de leur existence étaient inconsistants ; à tous ceux qui se contentent de suivre les courants de la mode, qui trouvent refuge dans leur intérêt immédiat, oubliant la vraie justice, ou qui s'abritent derrière leurs propres opinions au lieu de rechercher la pure vérité.

Oui, nombreux sont ceux qui, se croyant des dieux, pensent ne pas avoir besoin d'autres racines ni d'autres sources qu'eux-mêmes. Ils voudraient décider eux-mêmes ce qui est vérité ou pas, ce qui est bien ou mal, le juste et l'injuste ; décider ce qui est digne de vivre ou peut être sacrifié sur l'autel d'autres préférences ; marcher à chaque instant au hasard, sans but préétabli, se laissant guider par l'instinct du moment. Ces tentations sont toujours aux aguets. Il est important de ne pas y succomber car, en réalité, elles mènent à quelque chose d'aussi évanescent qu'une existence sans horizons, une liberté sans Dieu. Nous, par contre, nous savons bien que nous avons été créés libres, à l'image de Dieu, précisément parce que nous sommes protagonistes de la recherche de la vérité et du bien, responsables de nos actions et non de simples exécutants aveugles, collaborateurs créatifs dans notre tâche de cultiver et d'embellir l'œuvre de la création. Dieu désire un interlocuteur responsable, qui puisse dialoguer avec lui et l'aimer. À travers le Christ, nous pouvons vraiment le devenir et, enracinés en lui, donner ses ailes à notre liberté. N'est-ce pas là le grand motif de notre joie ? N'est-ce pas là un terrain solide pour construire la civilisation de l'amour et de la vie, capable d'humaniser tous les hommes ?

Chers amis, soyez prudents et sages, bâtissez votre vie sur le fondement solide qu'est le Christ. Cette sagesse et cette prudence guideront vos pas, rien ne vous fera trembler et la paix règnera dans votre cœur. Alors, vous serez heureux, contents, et votre joie se communiquera aux autres. Ils se demanderont quel est le secret de votre vie et ils découvriront que le roc qui soutient tout l'édifice et sur lequel s'appuie toute votre existence est la personne même du Christ, votre ami, frère et Seigneur, le fils de Dieu fait homme, qui donne consistance à tout l'univers. Il est mort pour nous et il est ressuscité pour que nous ayons la vie et, à présent, depuis le trône du Père, il demeure vivant et proche de tous les hommes, veillant continuellement avec amour sur chacun de nous.

Confiant les fruits de ces Journées Mondiales de la Jeunesse à la Vierge Marie, qui a su dire « oui » à la volonté de Dieu et qui nous enseigne, comme personne d'autre, la fidélité à son divin Fils, qu'elle a suivi jusqu'à sa mort sur la croix. Nous méditerons tout cela plus profondément aux diverses stations de la Via Crucis. Prions pour que, comme pour elle, notre « oui » d'aujourd'hui au Christ soit aussi un « oui » inconditionnel à son amitié, à la fin de cette Journée et durant toute notre vie. Merci beaucoup.

RENCONTRE AVEC LES JEUNES RELIGIEUSES : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI 



Chères jeunes religieuses,

Au cours des Journées Mondiales de la Jeunesse que nous sommes en train de célébrer à Madrid, c'est pour moi un grand plaisir de pouvoir vous rencontrer, vous qui avez consacré votre jeunesse au Seigneur, et je vous remercie pour l'aimable salut que vous m'avez adressé. J'exprime ma gratitude envers Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid qui a programmé cette rencontre dans un lieu très suggestif comme le monastère Saint Laurent de l'Escorial. Si sa célèbre bibliothèque garde d'importantes éditions de la Sainte Écriture et de Règles monastiques de diverses familles religieuses, votre vie de fidélité à l'appel reçu est, elle-aussi, une manière précieuse de garder la Parole du Seigneur qui résonne dans vos formes de spiritualité.

Chères sœurs, tout charisme est une parole évangélique que l'Esprit Saint rappelle à son Église (Jn 14, 26). C'est bien vrai : la Vie consacrée « naît de l'écoute de la Parole de Dieu et accueille l'Évangile comme règle de vie. Vivre à la suite du Christ, chaste, pauvre et obéissant, est ainsi une ‘exégèse' vivante de la Parole de Dieu (…) D'elle tout charisme est né et d'elle, toute règle veut être l'expression, en donnant vie à des itinéraires de vie chrétienne caractérisés par la radicalité évangélique » (Verbum Domini, n. 83).

La radicalité évangélique réside dans le fait d'être « enracinés et fondés dans le Christ, fermes dans la foi » (Col 2, 7), ce qui, dans la Vie consacrée, signifie aller à racine de l'amour, Jésus Christ, avec un cœur sans partage, jusqu'à ne rien préférer à son amour (cf. Saint Benoît, Règle IV, 21), par une appartenance sponsale comme l'ont vécu les saints, à l'image de Rose de Lima et de Rafael Arnáiz, jeunes patrons de ces Journées Mondiales de la Jeunesse. La rencontre personnelle avec le Christ qui nourrit votre consécration, doit être témoignée avec toute sa force transformatrice dans vos vies ; elle revêt une importance particulière aujourd'hui, alors qu'« on constate une sorte d'‘éclipse de Dieu', une certaine amnésie, voire un réel refus du christianisme et un reniement du trésor de la foi reçue, au risque de perdre sa propre identité profonde » (Message pour les Journées Mondiales de la Jeunesse 2011, n. 1). Face au relativisme et à la médiocrité, s'impose la nécessité de cette radicalité dont témoigne la consécration comme une appartenance à Dieu aimé par-dessus tout.

Cette radicalité évangélique de la Vie consacrée s'exprime par la communion filiale avec l'Église – la maison des enfants de Dieu que le Christ a fondée – ; la communion avec les Pasteurs qui, au nom du Seigneur, proposent le dépôt de la foi reçu des Apôtres, du Magistère de l'Église et de la Tradition chrétienne ; la communion avec votre famille religieuse en conservant son noble patrimoine spirituel avec gratitude et en appréciant aussi les autres charismes ; la communion avec les autres membres de l'Église comme les laïcs, appelés à témoigner du même Évangile du Seigneur par leur vocation spécifique.

La radicalité évangélique s'exprime enfin dans la mission que Dieu a voulu vous confier : par la vie contemplative qui accueille dans ses cloitres la Parole de Dieu dans un silence éloquent et adore sa beauté dans la solitude habitée par Lui ; par les diverses formes de vie apostolique, dans les sillons desquelles germe la semence évangélique dans l'éducation des enfants et des jeunes, dans le soin des malades et des personnes âgées, dans l'accompagnement des familles, dans l'engagement en faveur de la vie, dans le témoignage de la vérité, dans l'annonce de la paix et la charité, l'engagement missionnaire, et dans la nouvelle évangélisation, et bien d'autres domaines de l'apostolat ecclésial.

Chères sœurs, c'est à ce témoignage de sainteté que Dieu vous appelle, en suivant Jésus de très près et sans conditions dans la consécration, la communion et la mission. L'Église a besoin de votre jeune fidélité enracinée et fondée dans le Christ. Merci pour votre « oui » généreux, total et perpétuel à l'appel du Bien-Aimé. Que la Vierge Marie soutienne et accompagne votre jeunesse consacrée, avec le vœu fervent que cela interpelle, encourage et illumine tous les jeunes.

Avec ces sentiments, je prie Dieu de récompenser abondamment la généreuse contribution de la Vie consacrée à ces Journées Mondiales de la Jeunesse, et en son nom, je vous bénis de tout cœur. Merci infiniment !

RENCONTRE AVEC LES JEUNES PROFESSEURS UNIVERSITAIRES : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI



Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid,
Chers frères dans l'Épiscopat,
Chers Pères Augustins,
Chers Professeurs,
Autorités,
Chers amis,

J'attendais avec joie cette rencontre avec vous, jeunes professeurs des universités espagnoles, vous qui prêtez une magnifique collaboration à la diffusion de la vérité, dans des circonstances qui ne sont pas toujours faciles. Je vous salue cordialement et je vous remercie pour les aimables paroles de bienvenue, ainsi que pour la musique exécutée, qui a résonné de façon merveilleuse dans ce monastère d'une grande beauté artistique, témoignage éloquent pour les siècles d'une vie de prière et d'étude. En ce lieu significatif la foi et la raison se sont fondues harmonieusement dans la pierre austère pour modeler l'un des monuments les plus renommés d'Espagne.

Je salue aussi avec une affection particulière ceux qui, ces jours-ci, ont participé à Avila au Congrès mondial des universités catholiques, sur le thème : « Identité et mission de l'université catholique ».

En étant parmi vous, me reviennent à l'esprit mes premiers pas comme professeur à l'université de Bonn. Quand on constatait encore les blessures de la guerre et que les carences matérielles étaient nombreuses, tout était remplacé par un vif désir d'une activité passionnante, le contact avec des collègues des diverses disciplines et le souhait de répondre aux inquiétudes ultimes et fondamentales des étudiants. Cette « universitas », que j'ai vécue alors, de professeurs et d'étudiants qui ensemble cherchent la vérité dans tous les savoirs, ou, comme aurait dit Alphonse X le Sage, cette « union de maîtres et d'étudiants avec la volonté et l'objectif d'apprendre les savoirs » (Siete partidas, partida II, tit. XXXI), rend clair le projet jusqu'à la définition de l'Université.

Dans le thème des présentes Journées Mondiales de la Jeunesse «Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi » (Col 2, 7), vous pourrez trouver aussi la lumière pour mieux comprendre votre être et ce que vous devez faire. Avec cette pensée, et comme je l'ai déjà écrit dans le Message aux jeunes en préparation à ces journées, les mots « enracinés, fondés et affermis » orientent vers des fondements solides pour la vie (cf. n. 2).

Mais, où les jeunes trouveront-ils ces points de référence dans une société émiettée et instable ? Parfois on estime que la mission d'un professeur universitaire est aujourd'hui exclusivement de former des professionnels compétents et efficaces qui puissent satisfaire la demande du marché du travail à tout moment précis. On affirme également que l'unique chose que l'on doit privilégier dans la conjoncture actuelle est la pure capacité technique. Certainement, cette vision utilitaire de l'éducation, même universitaire, répandue spécialement dans des milieux extra-universitaires, s'installe aujourd'hui. Sans aucun doute, vous qui avez vécu comme moi l'université, et qui la vivez maintenant comme enseignants, vous sentez sans doute le désir de quelque chose d'autre de plus élevé qui corresponde à toutes les dimensions qui constituent l'homme. Nous savons que quand la seule utilité et le pragmatisme immédiat s'érigent en critère principal, les pertes peuvent être dramatiques : des abus d'une science sans limites, bien au-delà d'elle-même, jusqu'au totalitarisme politique qui se ravive facilement quand on élimine toute référence supérieure au simple calcul de pouvoir. Au contraire, l'idée authentique d'université est précisément celle qui nous préserve de cette vision réductrice et détachée de l'humain.

En réalité, l'université a été et est encore appelée à être toujours la maison où se cherche la vérité propre de la personne humaine. Pour cette raison ce n'est pas par hasard que l'Église a promu l'institution universitaire, justement parce que la foi chrétienne nous parle du Christ comme le Logos par lequel tout a été fait (cf. Jn 1,3), et de l'être humain créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Cette bonne nouvelle découvre une rationalité dans tout le créé et regarde l'homme comme une créature qui participe et peut parvenir à reconnaître cette rationalité. L'université incarne, donc, un idéal qui ne doit pas perdre sa vertu ni à cause d'idéologies fermées au dialogue rationnel, ni par servilité envers une logique utilitaire de simple marché, qui voit l'homme comme un simple consommateur.

C'est là votre mission importante et vitale. C'est vous qui avez l'honneur et la responsabilité de transmettre cet idéal universitaire, un idéal que vous avez reçu de vos prédécesseurs, dont beaucoup d'humbles disciples de l'Évangile et qui, en tant que tels, se sont convertis en géants de l'esprit. Nous devons nous sentir leurs continuateurs dans une histoire bien distincte de la leur, mais dans laquelle les questions essentielles de l'être humain continuent à réclamer notre attention et nous poussent à aller de l'avant. Avec eux, nous nous sentons unis à cette chaîne d'hommes et de femmes qui se sont engagés à proposer et à rendre crédible la foi devant l'intelligence des hommes. Et la façon de le faire ne signifie pas seulement l'enseigner, mais encore plus le vivre, l'incarner, de sorte que le Logos lui-même s'incarne pour placer sa demeure parmi nous. En ce sens, les jeunes ont besoin de maîtres authentiques ; des personnes ouvertes à la vérité totale dans les différentes branches du savoir, sachant écouter et vivant à l'intérieur d'elles-mêmes ce dialogue interdisciplinaire ; des personnes convaincues, surtout, de la capacité humaine d'avancer sur le chemin vers la vérité. La jeunesse est le temps privilégié pour la recherche et la rencontre de la vérité. Comme le disait Platon : « Cherche la vérité tant que tu es jeune, parce que si tu ne le fais pas, ensuite elle t'échappera des mains » (Parménide, 135d). Cette haute aspiration est la plus valable que vous puissiez transmettre personnellement et vitalement à vos étudiants, et pas simplement quelques techniques matérielles et anonymes, ou quelques froides données, utilisées seulement de façon fonctionnelle.

Aussi je vous exhorte de tout cœur à ne jamais perdre cette sensibilité et ce désir ardent de la vérité ; à ne pas oublier que l'enseignement n'est pas une communication aride de contenus, mais une formation des jeunes que vous devrez comprendre et rechercher, chez lesquels vous devez susciter cette soif de vérité qu'ils ont au plus profond d'eux-mêmes et qu'ils cherchent à assouvir. Soyez pour eux un encouragement et une force.

Pour ce motif, il faut tenir à l'esprit, en premier lieu, que le chemin vers la vérité complète engage aussi l'être humain tout entier : c'est un chemin de l'intelligence et de l'amour, de la raison et de la foi. Nous ne pouvons pas avancer dans la connaissance de quelqu'un si l'amour ne nous anime pas, ni non plus aimer quelqu'un dans lequel nous ne voyons pas de rationalité, étant donné que « il n'y a pas l'intelligence puis l'amour : il y a l'amour riche d'intelligence et l'intelligence pleine d'amour » (Caritas in veritate, n. 30). Si la vérité et le bien restent unis, de même la connaissance et l'amour. De cette unité découle la cohérence de vie et de pensée, l'exemplarité qu'on exige de tout bon éducateur.

En second lieu, il faut considérer que la vérité elle-même est toujours au-delà de nos efforts. Nous pourrons la chercher et nous approcher d'elle, mais nous ne pouvons pas la posséder totalement, ou mieux c'est elle qui se propose à nous et elle qui nous motive. Dans l'œuvre intellectuelle et d'enseignement, l'humilité est une vertu indispensable, qui nous protège de la vanité, laquelle ferme à l'accès à la vérité. Nous ne devons pas attirer les étudiants à nous-mêmes, mais les mettre en route vers cette vérité que tous nous recherchons. Dans cette tâche le Seigneur vous aidera, lui qui vous demande d'être prévenants et efficaces comme le sel, comme la lampe qui donne de la lumière sans faire de bruit (cf. Mt 5, 13-15).

Tout ceci nous invite à tourner toujours notre regard vers le Christ, sur le visage duquel resplendit la Vérité qui nous illumine, mais qui est aussi le Chemin qui nous conduit à une plénitude durable, puisqu'il est le Voyageur qui est à nos côtés et qui nous soutient de son amour. Liés à lui, vous serez de bons guides pour nos jeunes. Avec cette espérance, je vous confie à la protection de la Vierge Marie, Trône de la Sagesse, pour qu'elle fasse de vous des collaborateurs de son Fils par une vie pleine d'attention pour vos semblables et féconde en fruits, aussi bien de connaissance que de foi, pour vos étudiants. Merci beaucoup.

CHEMIN DE CROIX : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI



Chers jeunes,

Nous avons célébré avec piété et ferveur ce chemin de croix en accompagnant le Christ dans sa passion et sa mort. Les commentaires des Hermanitas de la Cruz, qui servent les plus pauvres et ceux qui sont dans le besoin, nous ont permis d'entrer dans le mystère de la croix glorieuse du Christ, qui renferme la vraie sagesse de Dieu, celle qui juge le monde et ceux qui se croient sages (cf. 1 Cor 1, 17-19). La contemplation des extraordinaires imágenes provenant du patrimoine religieux des diocèses espagnols, nous a aidé également dans cet itinéraire vers le calvaire. Ce sont des imágenes où la foi et l'art s'harmonisent pour arriver au cœur de l'homme et pour l'inviter à la conversion. Quand le regard de la foi est limpide et authentique, la beauté se met à son service et elle est capable de représenter les mystères de notre salut jusqu'à nous émouvoir profondément, et de transformer notre cœur, comme cela est arrivé à sainte Thérèse d'Avila en contemplant une représentation du Christ blessé (cf. Libro de la vida 9, 1).

Pendant que nous avancions avec Jésus pour arriver au sommet du don de lui-même au calvaire, les paroles de saint Paul nous sont venus en mémoire : « Le Christ m'a aimé et il s'est livré pour moi » (Ga 2, 20). Devant un tel amour si désintéressé, pleins d'étonnement et de gratitude, nous nous demandons maintenant : Que ferons-nous nous-autres pour lui ? Quelle réponse lui donnerons-nous ? Saint Jean le dit clairement : « À ceci nous avons connu l'amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3 , 16). La passion du Christ nous pousse à charger sur nos épaules la souffrance du monde, avec la certitude que Dieu n'est pas quelqu'un qui est distant ou lointain de l'homme et de ses vicissitudes. Au contraire, il s'est fait l'un d'entre nous « pour pouvoir compatir avec l'homme de manière très réelle, dans la chair et le sang ... De là, dans toute souffrance humaine est entré quelqu'un qui partage la souffrance et la patience; de là se répand dans toute souffrance la con-solatio; la consolation de l'amour qui vient de Dieu et ainsi surgit l'étoile de l'espérance » (Spes salvi, 39).

Chers jeunes, que l'amour du Christ pour nous augmente votre joie et vous aide à être proches de ceux qui sont dans le besoin. Vous qui êtes très sensibles à l'idée de partager la vie avec les autres, ne passez pas à côté de la souffrance humaine, où Dieu espère en vous afin que vous puissiez donner le meilleur de vous-mêmes : votre capacité d'aimer et de compatir. Les diverses formes de souffrance qui, tout au long du chemin de croix, ont défilé devant vos yeux, sont des appels du Seigneur pour édifier nos vies en suivant ses traces et pour faire de nous des signes de sa consolation et de son salut : « Souffrir avec l'autre, pour les autres; souffrir par amour de la vérité et de la justice; souffrir à cause de l'amour et pour devenir une personne qui aime vraiment – ce sont des éléments fondamentaux d'humanité; leur abandon détruirait l'homme lui-même » (ibid.).

Sachons recevoir ces leçons et les mettre en pratique ! Pour cela, regardons vers le Christ, cloué sur un bois rude, et demandons-lui qu'il nous montre cette sagesse mystérieuse de la croix par laquelle l'homme vit. La croix n'a pas été le développement d'un échec, sinon la manière d'exprimer le don aimant qui arrive jusqu'à un don plus grand : celui de sa propre vie. Le Père a désiré aimer les hommes dans l'accolade de son Fils crucifié par amour. Par sa forme et sa signification, la croix représente cet amour du Père et du Christ pour les hommes. En elle, nous reconnaissons l'image de l'amour suprême, où nous apprenons à aimer ce que Dieu aime et comme il le fait : c'est elle la Bonne Nouvelle qui redonne l'espérance au monde.

Tournons maintenant nos yeux vers la Vierge Marie qui nous fut donnée pour mère au calvaire, et supplions-la de nous soutenir par sa protection aimante sur le chemin de la vie, en particulier quand nous passons à travers la nuit de la souffrance, afin que nous réussissions comme elle à demeurer fermes dans la foi au pied de la croix. Merci beaucoup.

MESSE AVEC LES SÉMINARISTES : HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI 



Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid,
Vénérés frères dans l'Épiscopat,
Chers prêtres et religieux,
Chers recteurs et formateurs,
Chers séminaristes,
Chers amis,

C'est avec une joie profonde que je célèbre la sainte Messe en votre présence, vous qui aspirez à être prêtres du Christ pour le service de l'Église et des hommes, et je reçois avec reconnaissance les aimables paroles par lesquelles vous m'avez accueilli. Cette sainte cathédrale Sainte Marie la Royale de la Almudena est aujourd'hui comme un immense cénacle où le Seigneur célèbre sa Pâque avec un ardent désir, en compagnie de ceux qui désirent présider un jour en son nom les mystères du salut. À dire vrai, je constate une nouvelle fois que le Christ appelle à Lui de jeunes disciples pour qu'ils soient ses apôtres, en poursuivant ainsi la mission de l'Église et le don de l'Évangile au monde. Comme séminaristes, vous êtes en chemin vers un but saint : prolonger la mission que le Christ a reçue du Père. Appelés par Lui, vous avez suivi sa voix et, attirés par son regard d'amour, vous avancez vers le ministère sacré. Levez les yeux vers Lui : par son Incarnation, il donne la révélation ultime de Dieu au monde et, par sa Résurrection, il accomplit fidèlement sa promesse. Rendez grâce pour ce signe de prédilection qui marque chacun d'entre vous.

La première lecture que nous avons écoutée nous montre le Christ comme le prêtre nouveau et définitif, qui fit de sa vie une offrande totale. L'antienne du psaume peut s'appliquer à Lui à la perfection, car, entrant dans le monde, il s'adresse à son Père et lui dit : « Je suis venu ici pour faire ta volonté » (cf. Ps 39 [40], 8-9). Il cherchait à Lui plaire en toutes choses, dans ses paroles et ses actions, quand il marchait sur les chemins et accueillait les pécheurs. Sa vie fut un service et sa mort une intercession définitive, qui le plaça au nom de tous devant le Père comme Premier-né d'un grand nombre de frères. L'auteur de la Lettre aux Hébreux affirme que, par son abandon à Dieu, il nous rendit parfait pour toujours, nous qui étions appelés à avoir part à sa filiation (cf. He 10, 14).

L'Eucharistie, dont l'évangile qui vient d'être proclamé nous rapporte l'institution (cf. Lc 22, 14-20), est l'expression véritable de ce don inconditionnel de Jésus pour tous, même pour ceux qui le trahissaient. Don de son corps et de son sang pour la vie des hommes et le pardon de leurs péchés. Le sang, signe de la vie, nous fut donné par Dieu comme une alliance, afin que nous puissions communiquer la force de sa vie, là où règne la mort à cause de notre péché, et ainsi le détruire. Le corps lacéré et le sang versé du Christ, c'est-à-dire sa liberté offerte, sont devenus, par les signes eucharistiques, la nouvelle source de la liberté rachetée des hommes. En Lui, nous avons la promesse d'une rédemption définitive et la ferme espérance des biens à venir. Par le Christ, nous savons que nous ne sommes pas en train de marcher vers l'abîme, vers le silence du néant ou de la mort, mais que nous allons jusqu'à une terre promise, jusqu'à Celui qui est notre but en même temps que notre principe.

Chers amis, vous vous préparez à être apôtres avec le Christ et comme le Christ, à être compagnons de route et serviteurs des hommes.

Comment vivre ces années de préparation ? Avant tout, elles doivent être des années de silence intérieur, de prière permanente, d'étude constante et d'insertion progressive dans les actions et les structures pastorales de l'Église, une Église qui est communauté et institution, famille et mission, création du Christ par son Esprit saint, en même temps que résultat de notre action, à nous qui la formons avec notre sainteté et nos péchés. C'est ce que Dieu a aimé, Lui qui n'a pas hésité à faire des pauvres et des pécheurs ses amis et ses instruments pour la rédemption du genre humain. La sainteté de l'Église est avant tout la sainteté objective de la personne même du Christ, de son Évangile et de ses sacrements, la sainteté de la force d'en-haut qui l'anime et la stimule. Nous devons être saints pour éviter la contradiction entre le signe que nous sommes et la réalité que nous voulons signifier.

Méditez bien ce mystère de l'Église, en vivant les années de votre formation avec une profonde joie, en vous montrant dociles, lucides et radicalement fidèles à l'Évangile, tout en ayant une relation d'amour avec le temps et les personnes au milieu desquelles vous vivez. Personne ne choisit le contexte ou les destinataires de sa mission. Chaque époque a ses problèmes, mais Dieu donne en tout temps la grâce voulue pour les assumer et les dépasser avec amour et réalisme. C'est pourquoi, en quelque situation qu'il soit, aussi difficile soit-elle, le prêtre doit donner du fruit par toute sorte d'œuvres bonnes, gardant à jamais vivantes en son cœur les paroles du jour de son Ordination, par lesquelles il était exhorté à configurer sa vie au mystère de la croix du Seigneur.

Se laisser configurer au Christ signifie, chers séminaristes, être identifié chaque fois davantage à Celui qui s'est fait pour nous serviteur, prêtre et victime. Se laisser configurer à Lui, c'est, en réalité, la mission du prêtre tout au long de sa vie. Nous savons déjà qu'elle nous dépasse et que nous ne parviendrons jamais à l'accomplir entièrement, mais, comme le dit saint Paul, nous courons vers le but que nous espérons atteindre (cf. Ph 3, 12-14).

Mais le Christ, Souverain Prêtre, est aussi le Bon Pasteur qui veille sur ses brebis au point de donner sa vie pour elles (cf. Jn 10, 11). Pour imiter le Seigneur sur ce point aussi, votre cœur doit devenir mature au Séminaire, en étant totalement à la disposition du Maître. Cette disponibilité, qui est un don de l'Esprit Saint, inspire la décision de vivre le célibat pour le Royaume des cieux, le détachement des biens de la terre, la sobriété de la vie, l'obéissance sincère et sans dissimulation.

Demandez-lui donc de vous accorder de L'imiter dans sa charité pour tous jusqu'au bout, sans repousser ceux qui sont loin et pécheurs, de sorte que, avec votre aide, ils se convertissent et reviennent au bon chemin. Demandez-lui de vous apprendre à être très proches des malades et des pauvres, avec simplicité et générosité. Relevez ce défi sans complexe ni médiocrité, mais bien comme une belle forme de réalisation de la vie humaine dans la gratuité et le service, en étant témoins de Dieu fait homme, messagers de la très haute dignité de la personne humaine et, par conséquent, ses défenseurs inconditionnels. Appuyés sur son amour, ne vous laissez pas intimider par un environnement qui prétend exclure Dieu et dans lequel le pouvoir, l'avoir ou le plaire à peu de frais sont les critères principaux qui dirigent l'existence. Il peut se faire que vous soyez méprisés, comme il arrive d'ordinaire à ceux qui recherchent des buts plus élevés ou démasquent les idoles devant lesquelles nombreux sont aujourd'hui ceux qui se prosternent. C'est alors qu'une vie profondément enracinée dans le Christ se montrera réellement comme une nouveauté et attirera avec force ceux qui cherchent vraiment Dieu, la vérité et la justice.

Encouragés par vos formateurs, ouvrez votre âme à la lumière du Seigneur pour voir si ce chemin, qui demande du courage et de l'authenticité, est le vôtre, et n'avancez jusqu'au sacerdoce que si vous êtes fermement persuadés que Dieu vous appelle à être ses ministres et pleinement décidés à exercer ce ministère dans l'obéissance aux dispositions de l'Église.

Avec cette confiance, apprenez de Lui qu'il s'est défini lui-même comme doux et humble de cœur, en vous dépouillant pour cela de tout désir humain, de manière à ne pas vous rechercher vous-mêmes, en édifiant vos frères par votre comportement, comme le fit le saint patron du clergé séculier espagnol, saint Jean d'Avila. Animés par son exemple, regardez surtout la Vierge Marie, Mère des prêtres. Elle saura former votre âme sur le modèle du Christ, son divin Fils, et elle vous enseignera toujours à garder les biens qu'Il a acquis sur le Calvaire pour le salut du monde. Amen.

RENCONTRE AVEC LES COMITÉS D'ORGANISATION DE LA JMJ : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI



Chers amis,

Je suis heureux de vous recevoir en cette Nonciature apostolique pour vous remercier vivement de tout ce que vous avez mené à bien pour l'organisation de ces Journées Mondiales de la Jeunesse.

Je sais très bien qu'à partir du moment où le choix de l'archidiocèse de Madrid comme siège de cette initiative a été rendu public, le Cardinal Antonio María Rouco Varela a lancé les travaux du Comité organisateur local au sein duquel, avec un profond sens ecclésial et une extraordinaire affection portée au Vicaire du Christ, ont collaboré les responsables des différents services impliqués dans un événement d'une telle ampleur, coordonnés par Monseigneur César Augusto Franco Martínez. Seuls l'amour pour l'Église et la soif d'évangéliser les jeunes, expliquent cet engagement si généreux en termes de temps et d'énergies, qui donnera un abondant fruit apostolique. Pendant des mois, vous avez donné le meilleur de vous-mêmes au service de la mission de l'Église. Dieu vous le rendra au centuple. Non seulement à vous, mais à vos familles et aux institutions, qui avec abnégation, ont soutenu votre dévouement et votre application. Si, comme dit Jésus, un verre d'eau donné en son nom ne restera pas sans récompense, que dire d'un engagement quotidien et permanent envers l'organisation d'un fait ecclésial d'un tel relief comme celui que nous vivons ! Merci à chacun d'entre vous.

Je voudrais manifester de la même manière ma gratitude aux membres de la Commission mixte, formée par l'archevêché de Madrid et l'administration de l'Etat, la Communauté de Madrid et la municipalité, qui, depuis le début même de la préparation de ces Journées Mondiales de la Jeunesse, s'est formée avec le regard fixé sur les centaines de milliers de jeunes pèlerins qui sont arrivés à Madrid, ville ouverte, belle et solidaire. Sûrement, un événement si complexe et important n'aurait pas pu se réaliser sans cette prévenante collaboration. A ce sujet, je sais bien que les diverses entités se sont mises à la disposition du Comité organisateur local, sans ménager leurs efforts et dans un climat d'aimable coopération, qui honore cette noble nation et l'esprit reconnu d'hospitalité des Espagnols.

L'efficacité de cette Commission démontre que non seulement une collaboration entre l'Église et les institutions civiles est possible, mais que, quand elles se mettent au service d'une initiative d'une telle portée, comme celle qui nous intéresse, le principe selon lequel le bien intègre tout le monde dans l'unité, devient vrai. Pour cela, je voudrais exprimer aux représentants des administrations respectives qui ont travaillé hardiment au succès des Journées Mondiales, mes plus sincères et mes plus cordiaux remerciements au nom de l'Église et des jeunes qui profitent ces jours-ci de votre accueil et de votre sollicitude.

A vous tous, à vous familles et institutions, j'invoque du Seigneur l'abondance de ses dons. Merci beaucoup.

VISITE À LA FONDATION INSTITUT S. JOSÉ : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI 



Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid,
Chers frères dans l'Épiscopat,
Chers prêtres et religieux de l'Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu,
Autorités,
Chers jeunes, parents et volontaires présents,
Merci de tout cœur pour l'aimable mot de bienvenu et le cordial accueil que vous m'avez réservé.

Ce soir, avant la Veillée de prière avec les jeunes venus du monde entier à Madrid pour participer à ces Journées Mondiales de la Jeunesse, nous avons l'occasion de passer ensemble quelques moments et de pouvoir ainsi vous manifester la proximité et l'appréciation du Pape pour chacun d'entre vous, pour vos familles et pour toutes les personnes qui vous accompagnent et qui ont soin de cette Fondation de l'Institut San José.

La jeunesse, nous l'avons rappelé en d'autres occasions, est l'âge où la vie se dévoile dans la personne avec toute la richesse et la plénitude de ses capacités, poussant à rechercher les buts les plus élevés qui lui donnent sens. C'est pourquoi lorsque dans une vie jeune apparaît la douleur, nous demeurons déconcertés et nous nous demandons peut-être : la vie peut-elle continuer à être grande quand la souffrance y fait irruption ? À cet égard dans mon encyclique sur l'espérance chrétienne, j'ai écrit : « La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. (…) Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine. » (Spe salvi, 38). Ces paroles reflètent une longue tradition de l'humanité qui découle de l'offrande que le Christ fait de lui-même sur la croix pour nous et pour notre rédemption. Jésus et, sur ses pas, sa Mère – Notre Dame des Douleurs – et les saints sont les témoins qui nous montrent comment vivre le drame de la souffrance pour notre bien et pour le salut du monde.

Ces témoins nous parlent surtout de la dignité de chaque vie humaine créée à l'image de Dieu. Aucune affliction n'est capable d'effacer cette empreinte divine gravée au plus profond de l'homme. Bien plus, depuis que le Fils de Dieu a désiré librement embrasser la douleur et la mort, l'image de Dieu nous offre aussi le visage de celui qui les a supportées. Cette prédilection particulière du Seigneur pour qui souffre, nous fait voir l'autre avec des yeux purs pour lui donner, en plus des choses extérieures nécessaires, le regard de l'amour dont il a besoin. Il n'est possible de réaliser ceci que comme le fruit d'une rencontre personnelle avec le Christ. Soyez très conscients de cela vous les religieux, les parents, les professionnels de la santé et les volontaires qui vivez et travaillez quotidiennement avec ces jeunes. Votre vie et votre engagement proclament la grandeur à laquelle l'homme est appelé : compatir et accompagner par amour celui qui souffre, comme Dieu l'a fait lui-même. Et dans votre beau travail résonnent ainsi les paroles évangéliques : « Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un des ces petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40).

Par ailleurs, vous êtes également les témoins du bien immense qu'est la vie de ces jeunes pour ceux qui sont à leurs côtés et pour l'humanité entière. De manière mystérieuse, mais très réelle, votre présence suscite en nos cœurs, fréquemment endurcis, une tendresse qui nous ouvre au salut. Il est certain que la vie de ces jeunes change le cœur des hommes et, pour cela, nous rendons grâce au Seigneur pour les avoir connus.

Chers amis, notre société où très souvent est mise en doute la dignité inestimable de la vie, de chaque vie, a besoin de vous : vous contribuez de manière décisive à édifier la civilisation de l'amour. Bien plus, soyez les protagonistes de cette civilisation ! Et comme fils de l'Église offrez au Seigneur vos vies, avec ses peines et ses joies, en collaborant avec Lui et en entrant « ainsi d'une certaine façon dans le trésor de compassion dont le genre humain a besoin » (Spe salvi, 40).

Avec une affection profonde, et par l'intercession de saint Joseph, de saint Jean de Dieu et de saint Benito Menni, je vous confie de tout cœur à Dieu, Notre Seigneur. Qu'il soit votre force et votre récompense ! Que cette bénédiction apostolique que je vous donne ainsi qu'à tous vos proches, en soit le signe ! Merci beaucoup.

VEILLÉE DE PRIÈRE AVEC LES JEUNES : HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI 



Chers jeunes,

J'adresse un salut à tous, et particulièrement aux jeunes qui m'ont posé leurs questions et je les remercie de la sincérité avec laquelle ils ont exprimé des inquiétudes qui, d'une certaine manière, traduisent votre aspiration unanime à faire quelque chose de grand dans votre vie, quelque chose qui vous donne le bonheur en plénitude.

Mais comment un jeune peut-il être fidèle à la foi chrétienne et vivre en cherchant à atteindre de grands idéaux dans la société actuelle ? Dans l'évangile que nous avons écouté, Jésus nous donne une réponse à cette question importante : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9).

Oui, chers amis, Dieu nous aime. Telle est la grande vérité de notre vie, celle qui donne sens à tout le reste. Nous ne sommes pas le fruit du hasard ou de l'irrationnel, mais, à l'origine de notre existence, il y a un projet d'amour de Dieu. Demeurer dans son amour, c'est vivre enraciné dans la foi, parce que la foi n'est pas la simple acceptation de vérités abstraites, mais une relation intime avec le Christ qui nous amène à ouvrir notre cœur à ce mystère d'amour et à vivre comme des personnes qui se savent aimées de Dieu.

Si vous demeurez dans l'amour du Christ, enracinés dans la foi, vous rencontrerez, même au milieu des contradictions et des souffrances, la source de la joie et de l'allégresse. La foi ne s'oppose pas à vos idéaux les plus élevés ; au contraire, elle les exalte et les porte à leur perfection. Chers jeunes, ne vous conformez pas à moins qu'à la Vérité et à l'Amour, ne vous conformez pas à moins qu'au Christ.

C'est précisément maintenant au moment où la culture relativiste dominante refuse et déprécie la recherche de la vérité – la plus haute aspiration de l'esprit humain – que nous devons proposer avec courage et humilité la valeur universelle du Christ comme sauveur de tous les hommes et source d'espérance pour notre vie. Lui, qui a pris sur lui nos afflictions, connaît bien le mystère de la douleur humaine et montre sa présence aimante à tous ceux qui souffrent. Ceux-ci, à leur tour, unis à la passion du Christ, participent de plus près à son œuvre de rédemption. En outre, notre attention désintéressée envers les malades et les personnes dans le besoin sera toujours un témoignage humble et silencieux du visage de la compassion de Dieu.

Chers amis, qu'aucune adversité ne vous paralyse. N'ayez pas peur du monde, ni de l'avenir, ni de votre faiblesse. Le Seigneur vous a donné de vivre en ce moment de l'histoire, pour que, grâce à votre foi, son Nom retentisse sur toute la terre.

En cette veillée de prière, je vous invite à demander à Dieu de vous aider à découvrir votre vocation dans la société et dans l'Église, et à persévérer en elle avec joie et fidélité. Il vaut la peine de sentir en nous-mêmes l'appel du Christ et de suivre avec courage et générosité le chemin qu'il nous propose.

Le Seigneur appelle beaucoup d'entre vous au mariage, où un homme et une femme, en ne formant qu'une seule chair (cf. Gn 2, 24), se réalisent en une profonde vie de communion. C'est un horizon tout à la fois lumineux et exigeant, un projet d'amour véritable qui se renouvelle et s'approfondit chaque jour par le partage des joies et des difficultés, et qui se caractérise par une offrande de la personne tout entière. C'est pourquoi reconnaître la beauté et la bonté du mariage, c'est être conscient du fait que seul un contexte de fidélité et d'indissolubilité ainsi que d'ouverture au don divin de la vie est en accord avec la grandeur et la dignité de l'amour des époux.

À d'autres, en revanche, le Christ lance un appel à le suivre de plus près dans le sacerdoce et la vie consacrée. Que c'est beau de savoir que Jésus te cherche, te fais confiance et, avec sa voix reconnaissable entre toutes, te dit aussi à toi : « Suis-moi » (cf. Mc 2, 14).

Chers jeunes, pour découvrir et suivre fidèlement la forme de vie à laquelle le Seigneur appelle chacun, il est indispensable de demeurer dans son amour comme des amis. Or, comment se conserve l'amitié sinon par la fréquence des rencontres, la conversation, le fait d'être ensemble et de partager les joies et les peines ? Sainte Thérèse de Jésus disait que la prière consistait à « parler de l'amitié en étant bien souvent seuls pour parler avec celui dont nous savons qu'il nous aime » (cf. Libro de la vida, 8).

Je vous invite encore à demeurer maintenant dans l'adoration du Christ réellement présent dans l'Eucharistie, à dialoguer avec Lui, à Lui exposer vos questions et à L'écouter. Chers amis, je prie pour vous de tout cœur ; je vous supplie de prier aussi pour moi. En cette nuit, demandons au Seigneur qu'attirés par la beauté de son amour, nous vivions toujours fidèlement comme ses disciples. Amen.

Chers amis, merci pour votre joie et pour votre résistance ! Votre force est plus grande que la pluie. Merci ! Par cette pluie, le Seigneur nous a envoyé d'abondantes bénédictions. En cela, vous êtes aussi un exemple.

Salutation en français

Chers jeunes francophones, soyez fiers d'avoir reçu le don de la foi, c'est elle qui illuminera votre vie à chaque instant. Appuyez-vous sur la foi de vos proches, sur la foi de l'Église ! Par la foi, nous sommes fondés dans le Christ. Retrouvez-vous avec d'autres pour l'approfondir, fréquentez l'Eucharistie, mystère de la foi par excellence. Le Christ seul peut répondre aux aspirations que vous portez en vous. Laissez-vous saisir par Dieu pour que votre présence dans l'Église lui donne un élan nouveau !

Salutation en anglais

Chers jeunes, en ces moments de silence devant le Saint Sacrement, tournons notre esprit et notre cœur vers Jésus-Christ, le Seigneur de nos vies et de notre avenir. Puisse-t-il répandre son Esprit sur nous et sur l'Église tout entière afin que nous devenions un phare de liberté, de réconciliation et de paix pour le monde entier.

Salutation en allemand

Chers jeunes chrétiens de langue allemande ! Au fond de nos cœurs, nous désirons ce qui est grand et beau dans la vie. Ne laissez pas tomber dans le vide vos vœux et vos désirs, mais rendez-les fermes en Jésus Christ. Lui-même est le fondement qui porte, et le point de référence sûr pour une vie en plénitude.

Salutation en italien

Je me tourne maintenant vers les jeunes de langue italienne. Chers amis, cette veillée restera comme une expérience inoubliable de votre vie. Gardez la flamme que Dieu a allumée cette nuit en vos cœurs : faites en sorte qu'elle ne s'éteigne pas ! Alimentez-la chaque jour, partagez-la avec les compagnons de votre âge qui vivent dans la nuit et cherchent une lumière pour leur chemin. Merci ! Au revoir et à demain matin !

Salutation en portugais

Chers amis, j'invite chacun et chacune de vous à nouer un dialogue personnel avec le Christ, en Lui exposant vos propres doutes et surtout en l'écoutant. Le Seigneur est ici et vous appelle ! Jeunes amis, cela vaut la peine d'écouter au fond de nous la Parole de Jésus et de marcher sur ses pas. Demandez au Seigneur de vous aider à découvrir votre vocation dans la vie et dans l'Église, et à y persévérer avec joie et fidélité, sachant qu'Il ne vous abandonne jamais et qu'il ne trahit jamais. Il est avec nous jusqu'à la fin du monde.

Salutation en polonais

Chers jeunes amis venus de Pologne, notre veillée de prière est traversée par la présence du Christ. Sûrs de son amour, approchez-vous de Lui avec la flamme de votre foi. Il vous remplira de Sa vie. Construisez votre vie sur le Christ et sur son Évangile. Je vous bénis de tout cœur.

* * *

Chers jeunes,

Nous avons vécu une aventure ensemble. Fermes dans la foi en Christ, vous avez résisté à la pluie. Avant de vous laisser, je désire vous souhaiter à tous une bonne nuit. Reposez-vous bien. Merci pour le sacrifice que vous êtes en train de faire, et je ne doute pas que vous l'offrirez généreusement au Seigneur. Si Dieu le veut, nous nous verrons demain. Je vous attends tous ! Je vous remercie du merveilleux exemple que vous avez donné. Comme en cette nuit, avec le Christ vous pourrez toujours affronter les épreuves de la vie. Ne l'oubliez pas ! Merci à tous !

PAROLES DU PAPE BENOÎT XVI AU DÉBUT DE LA CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE



Chers jeunes,

J'ai pensé beaucoup à vous en ces heures durant lesquelles nous ne nous sommes pas vus. J'espère que vous avez pu dormir un peu, en dépit de la rigueur du temps. Je suis sûr qu'à l'aube de ce jour vous avez levé les yeux au ciel plus d'une fois, et non seulement les yeux, mais aussi le cœur, et cela vous a permis de prier. Dieu sait tirer de tout le bien. Avec cette confiance, et sachant que le Seigneur ne nous abandonne jamais, commençons notre célébration eucharistique pleins d'enthousiasme et fermes dans la foi.

MESSE DE CLOTURE : HOMÉLIE DU PAPE BENOIT XVI


Chers jeunes,

Avec la célébration de l'Eucharistie, nous arrivons au moment culminant de ces Journées Mondiales de la Jeunesse. En vous voyant ici, venus en grand nombre de tous les horizons, mon cœur est plein de joie, pensant à l'affection spéciale avec laquelle Jésus vous regarde. Oui, le Seigneur vous aime et il vous appelle ses amis (cf. Jn 15, 15). Il vient à votre rencontre et il désire vous accompagner dans votre cheminement pour vous ouvrir les portes d'une vie pleine et vous faire participants de sa relation intime avec le Père. Pour notre part, conscients de la grandeur de son amour, nous désirons répondre avec grande générosité à cette marque de prédilection par la résolution de partager aussi avec les autres la joie que nous avons reçue. Certes ! Ils sont nombreux de nos jours, ceux qui se sentent attirés par la figure du Christ et désirent mieux le connaître. Ils perçoivent qu'Il est la réponse à leurs multiples inquiétudes personnelles. Cependant, qui est-Il réellement ? Comment est-il possible que quelqu'un qui a vécu sur la terre il y a tant d'années, ait quelque chose à voir avec moi aujourd'hui ?

Dans l'Évangile que nous avons écouté (cf. Mt16, 13-20), il y a comme deux manières distinctes de connaître le Christ qui nous sont présentées. La première consiste dans une connaissance externe caractérisée par l'opinion commune. À la demande de Jésus : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? », les disciples répondent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste, pour d'autres, Elie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes ». C'est-à-dire qu'on considère le Christ comme un personnage religieux supplémentaire qui s'ajoute à ceux connus. S'adressant ensuite personnellement aux disciples, Jésus leur demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond avec des paroles qui sont la première profession de foi : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » La foi va au-delà des simples données empiriques ou historiques ; elle est la capacité de saisir le mystère de la personne du Christ dans sa profondeur.

Mais, la foi n'est pas le fruit de l'effort de l'homme, de sa raison, mais elle est un don de Dieu : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Elle a son origine dans l'initiative de Dieu, qui nous dévoile son intimité et nous invite à participer à sa vie divine même. La foi ne fournit pas seulement des informations sur l'identité du Christ, mais elle suppose une relation personnelle avec Lui, l'adhésion de toute la personne, avec son intelligence, sa volonté et ses sentiments, à la manifestation que Dieu fait de lui-même. Ainsi, la demande de Jésus : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », pousse en fin de compte les disciples à prendre une décision personnelle par rapport à Lui. La foi et la suite (sequala) du Christ sont étroitement liées.

Et, comme elle suppose suivre le Maître, la foi doit se consolider et croître, devenir profonde et mûre, à mesure qu'elle s'intensifie et que se fortifie la relation avec Jésus, l'intimité avec Lui. Même Pierre et les autres apôtres ont eu à avancer sur cette voie, jusqu'à ce que leur rencontre avec le Seigneur ressuscité leur ouvre les yeux sur une foi plénière.

Chers jeunes, aujourd'hui, le Christ vous pose également la même demande qu'il a faite aux apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Répondez-lui avec générosité et courage comme il convient à un cœur jeune tel que le vôtre. Dites-lui : Jésus, je sais que tu es le Fils de Dieu, que tu as donné ta vie pour moi. Je veux te suivre avec fidélité et me laisser guider par ta parole. Tu me connais et tu m'aimes. J'ai confiance en toi et je remets ma vie entre tes mains. Je veux que tu sois la force qui me soutienne, la joie qui ne me quitte jamais.

Dans sa réponse à la confession de Pierre, Jésus parle de l'Église : « Et moi, je te déclare : ‘Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église' ». Que signifie cela ? Jésus bâtit l'Église sur le rocher de la foi de Pierre qui confesse la divinité du Christ.

Oui ! L'Église n'est pas une simple institution humaine, comme n'importe quelle autre, bien plus elle est étroitement unie à Dieu. Le Christ lui-même se réfère à elle comme « son » Église. On ne peut pas séparer le Christ de l'Église, comme on ne peut pas séparer la tête du corps (cf. 1Co 12, 12). L'Église ne vit pas par elle-même, mais elle vit par le Seigneur. Il est présent au milieu d'elle, et lui donne vie, aliment et force.

Chers jeunes, permettez-moi, en tant Successeur de Pierre, de vous inviter à renforcer cette foi qui nous a été transmise depuis les Apôtres, à mettre le Christ, le Fils de Dieu, au centre de votre vie. Mais permettez-moi aussi de vous rappeler que suivre Jésus dans la foi c'est marcher avec Lui dans la communion de l'Église. On ne peut pas suivre Jésus en solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher « à son propre compte » ou de vivre la foi selon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamais rencontrer Jésus Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui.

Avoir la foi, c'est s'appuyer sur la foi de tes frères, et que ta foi serve également d'appui pour celle des autres. Je vous exhorte, chers jeunes : aimez l'Église qui vous a engendrés dans la foi, vous a aidés à mieux connaître le Christ et vous a fait découvrir la beauté de son amour. Pour la croissance de votre amitié avec le Christ, il est fondamental de reconnaître l'importance de votre belle insertion dans les paroisses, les communautés et les mouvements, ainsi que l'importance de la participation à l'Eucharistie dominicale, de la réception fréquente du sacrement du pardon, et de la fidélité à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu.

De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l'élan qui porte à témoigner la foi dans les milieux les plus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence. On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes. Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu. Je pense que votre présence ici, jeunes venus des cinq continents, est une merveilleuse preuve de la fécondité du mandat de Jésus donné à l'Église : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16, 15). À vous aussi incombe le devoir extraordinaire d'être des disciples et des missionnaires du Christ dans d'autres terres et pays où se trouve une multitude de jeunes qui aspirent à de très grandes choses et qui, découvrant dans leurs cœurs la possibilité de valeurs plus authentiques, ne se laissent pas séduire par les fausses promesses d'un style de vie sans Dieu.

Chers jeunes, je prie pour vous avec toute l'affection de mon cœur. Je vous confie à la Vierge Marie, pour qu'elle vous accompagne toujours de son intercession maternelle et vous enseigne la fidélité à la Parole de Dieu. Je vous demande également de prier pour le Pape afin que, comme Successeur de Pierre, il puisse continuer à affermir ses frères dans la foi. Puissions-nous tous dans l'Église, pasteurs et fidèles, nous rapprocher davantage chaque jour du Seigneur, afin de croître en sainteté de vie et nous donnerons ainsi un témoignage efficace que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, le Sauveur de tous les hommes et la source vive de leur espérance. Amen.

ANGÉLUS


Chers amis,

Vous allez rejoindre maintenant vos lieux de résidence habituelle. Vos amis chercheront à savoir ce qui est changé en vous après avoir été dans cette noble ville avec le Pape et des centaines de milliers de jeunes du monde entier : Que leur répondrez-vous ? Je vous invite à leur donner un témoignage audacieux de la vie chrétienne. Vous serez alors le ferment de nouveaux chrétiens afin que l'Église naisse avec vigueur dans le cœur de beaucoup.

Combien j'ai pensé ces jours-ci à ces jeunes qui attendent votre retour ! Transmettez-leur mon affection, en particulier aux plus défavorisés, et aussi à vos familles et aux communautés de vie chrétienne auxquelles vous appartenez.

Je ne peux m'empêcher de vous dire que je suis vraiment impressionné par le nombre significatif d'évêques et de prêtres présents à ces Journées. Je les remercie tous du fond de mon cœur, les encourageant en même temps à continuer à développer la pastorale des jeunes avec enthousiasme et engagement.

Je salue avec affection l'Archevêque aux Armées et je remercie vivement l'Armée de l'air qui précisément durant cette année du centenaire de la création de l'aviation militaire espagnole, a mis à disposition avec générosité la Base aérienne de Cuatro Vientos. Je confie tous ceux en font partie ainsi que leurs familles à la protection maternelle de la Sainte Vierge Marie, sous son vocable de Notre-Dame de Lorette.

De même, commémorant aujourd'hui le troisième anniversaire du grave accident d'avion survenu sur l'aéroport de Barajas, qui a causé de nombreuses victimes et des blessés, je désire faire connaître ma proximité spirituelle et ma profonde affection à tous ceux qui sont touchés par ce triste événement, comme aussi aux familles des défunts, dont nous confions les âmes à la miséricorde de Dieu.

Je voudrais annoncer maintenant que la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse aura lieu en 2013 à Rio de Janeiro. Demandons au Seigneur d'assister dès maintenant de sa force tous ceux qui auront la tâche de la préparer et faciliter le chemin des jeunes du monde entier pour qu'ils puissent rencontrer de nouveau le Pape dans cette belle ville brésilienne.

Chers amis, avant de nous dire au revoir, et pendant que les jeunes d'Espagne remettent à ceux du Brésil la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse, en tant que Successeur de Pierre, je confie à tous ceux qui sont présents ici cette grande tâche : apportez la connaissance et l'amour du Christ au monde entier. Il demande que vous soyez ses apôtres en ce vingt-et-unième siècle et les messagers de sa joie. Puissiez-vous ne pas le décevoir ! Merci beaucoup !

Salutation en français

Chers jeunes de langue française, le Christ vous demande aujourd'hui d'être enracinés en Lui et de bâtir avec Lui votre vie sur le roc qu'il est Lui-même. Il vous envoie pour être des témoins courageux et sans complexes, authentiques et crédibles ! N'ayez pas peur d'être catholiques, d'en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité ! Que l'Église trouve en vous et en votre jeunesse les missionnaires joyeux de la Bonne Nouvelle !

Salutation en anglais

Je salue tous les jeunes de langue anglaise présents ici aujourd'hui. Alors que vous repartez chez vous, emportez avec vous la bonne nouvelle de l'Amour du Christ que vous avez expérimentée en ces jours inoubliables. Fixez vos yeux sur lui, approfondissez votre connaissance de l'Évangile et portez ensuite des fruits abondants. Que Dieu vous bénisse jusqu'au moment de nous revoir à nouveau !

Salutation en allemand

Mes chers amis ! La foi n'est pas une théorie. La foi signifie aller à Jésus dans une relation personnelle et vivre de l'amitié avec lui en communauté avec les autres, dans la communauté ecclésiale. Confiez au Christ votre vie entière et aidez vos amis afin qu'eux aussi arrivent à Dieu, source de la vie. Puisse le Seigneur faire de vous des témoins joyeux de son amour !

Salutation en italien

Je vous salue tous, chers jeunes de langue italienne ! L'Eucharistie que nous avons célébrée est le Christ ressuscité présent et vivant au milieu de nous : grâce à Lui, votre vie est enracinée et fondée en Dieu, ferme dans la foi. Avec cette certitude, repartez de Madrid et annoncez à tous ce que vous avez vu et entendu. Répondez avec joie à l'appel du Seigneur, suivez-Le et restez toujours unis à Lui : vous porterez beaucoup de fruits !

Salutation en portugais

Chers jeunes et amis de langue portugaise, vous avez rencontré Jésus Christ ! Vous vous sentirez à contre-courant au milieu d'une société où règne une culture relativiste qui renonce à chercher et à posséder la vérité. C'est pourtant en ce moment de l'histoire, plein de grands défis et d'opportunités, que le Seigneur vous envoie pour faire retentir, grâce à votre foi, la Bonne Nouvelle du Christ pour la terre entière. J'espère pouvoir vous rencontrer dans deux ans lors des prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro, au Brésil. Jusque là prions les uns pour les autres en donnant un témoignage de la joie qui surgit de l'enracinement et de l'édification dans le Christ. À bientôt, chers jeunes ! et que Dieu vous bénisse !

Salutation en polonais

Chers jeunes polonais, fermes dans la foi, enracinés dans le Christ ! Puissent les talents reçus de Dieu ces jours-ci porter en vous des fruits abondants. Soyez ses témoins. Portez aux autres le message de l'Évangile. Par votre prière et par votre exemple de vie, aidez l'Europe à retrouver ses racines chrétiennes.

RENCONTRE AVEC LES VOLONTAIRES DE LA XXVIe JMJ : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI 



Chers volontaires,

Au moment de clore ces inoubliables Journées Mondiales de la Jeunesse, j'ai voulu m'arrêter ici, avant de rentrer à Rome, pour vous remercier vivement pour les services inestimables que vous avez rendus. C'est un devoir de justice et une nécessité du cœur ! Devoir de justice, parce que, grâce à votre collaboration, les jeunes pèlerins ont été accueillis aimablement, et ont pu être aidés quand ils ont en eu besoin. Au travers de votre service, vous avez donné aux Journées Mondiales le visage de l'amabilité, de la sympathie et du dévouement aux autres.

Ma gratitude est aussi une nécessité du cœur parce que vous avez non seulement été attentifs envers les pèlerins mais aussi envers le Pape, envers moi. Durant toutes les cérémonies auxquelles j'ai participé, vous y étiez, vous : certains visibles, d'autre plus en retrait, rendant possible l'ordre requis pour que tout se passe bien. Je ne peux pas non plus oublier l'effort de préparation de ces journées. Combien de sacrifices, combien de soins. Tous, point par point, vous avez tissé avec votre travail et votre prière, chacun selon ses connaissances et ses capacités, le merveilleux tableau multicolore de ces Journées. Merci beaucoup pour votre dévouement.

Beaucoup d'entre vous ont dû renoncer à participer directement aux cérémonies, occupés qu'ils étaient aux autres tâches de l'organisation. Cependant, cette renonciation a été un beau moyen évangélique de participer aux Journées : celui du dévouement aux autres dont parle Jésus. Dans un certain sens, vous avez rendu réelles les paroles du Seigneur : « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). J'ai la certitude que cette expérience comme volontaires vous a tous enrichis dans votre vie chrétienne, qui est fondamentalement un service d'amour. Le Seigneur transformera votre fatigue accumulée, les préoccupations et l'accablement de tant de moments, en fruits de vertus chrétiennes : patience, douceur, joie à se donner aux autres, disponibilité pour accomplir la volonté de Dieu. Aimer c'est servir, et le service accroît l'amour. Je pense que c'est un des plus beaux fruits de votre contribution aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Mais cette récolte, vous ne la recueillerez pas vous seulement, mais l'Eglise toute entière qui, comme mystère de communion, s'enrichit de l'apport de chacun de ses membres.

En retournant maintenant à une vie ordinaire, je vous encourage à garder dans votre cœur cette joyeuse expérience et à grandir un peu plus chaque jour dans le dévouement de vous-mêmes à Dieu et aux hommes. Il est possible que se soit posée timidement ou impérieusement en beaucoup d'entre vous une question très sensible : Que désire Dieu de moi ? Quel est son dessein pour ma vie ? Le Christ m'appelle-t-il à le suivre de plus près ? Ne pourrais-je pas dépenser ma vie entière dans la mission d'annoncer au monde la grandeur de son amour par le sacerdoce, par la vie consacrée ou par le mariage ? Si cette inquiétude a surgi, laissez-vous porter par le Seigneur et offrez-vous comme volontaires au service de Celui qui « n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45). Votre vie atteindra une plénitude insoupçonnée. Peut-être que quelqu'un est en train de penser : le Pape est venu nous remercier et va s'en aller en demandant. Oui, c'est cela. C'est cela, la mission du Pape, Successeur de Pierre. Et n'oubliez pas que Pierre, dans sa première lettre, rappelle aux chrétiens à quel prix ils ont été rachetés : celui du sang du Christ (cf 1P 1, 18-19). Qui évalue sa vie à l'aune de cette perspective sait que l'amour peut seul répondre à l'amour du Christ, et c'est cela que vous demande le Pape lors de cet au revoir : que vous répondiez avec amour à celui qui par amour s'est consacré à vous. Encore merci et que Dieu soit toujours avec vous.

ÉRÉMONIE DE CONGÉ : DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI 



Majestés,
Autorités nationales, des communautés autonomes et locales,
Monsieur le Cardinal Archevêque de Madrid et Président de la Conférence épiscopale espagnole,
Messieurs les Cardinaux et chers frères dans l'Épiscopat,
Chers amis,

Le moment de se séparer vient d'arriver. Ces derniers jours à Madrid, avec une assemblée si nombreuse de jeunes d'Espagne et du monde entier, resteront profondément gravés dans ma mémoire et dans mon cœur.

Majesté, le Pape s'est senti bien en Espagne ! Les jeunes participants de ces Journées mondiales de la Jeunesse, ont été eux-aussi très bien accueillis par tant de villes et de localités espagnoles qu'ils ont pu visiter avant de participer à ces Journées.

Merci, Majesté, pour vos paroles si cordiales et pour avoir voulu être présent aussi bien à mon arrivé que, maintenant, à mon départ. Merci aux Autorités nationales, à celles des communautés autonomes et locales, qui ont montré par leur coopération une grande sensibilité pour cette événement international. Merci aux milliers de volontaires qui ont rendu possible le bon déroulement de toutes les activités de cette rencontre : les différents actes littéraires, musicaux, culturels et religieux du ‘Festival des jeunes', les catéchèses des Évêques et les célébrations avec le successeur de Pierre. Merci aux Forces de sécurité et de l'ordre, comme à ceux qui ont collaboré en assumant les divers services, depuis l'attention à la musique et à la liturgie, jusqu'au transport, l'assistance sanitaire et alimentaire.

L'Espagne est une grande nation qui, dans un vivre ensemble sain, ouvert, pluriel et respectueux, sait et peut progresser sans renoncer à son âme profondément religieuse et catholique. Cela a été manifesté une nouvelle fois ces jours-ci en démontrant sa capacité technique et humaine dans une entreprise de haute transcendance et de grand avenir, comme l'est celle de faciliter à la jeunesse son enracinement dans le Christ-Jésus, le Sauveur.

J'adresse une parole de remerciement spécial aux organisateurs de ces Journées : au Cardinal Président du Conseil Pontifical pour les Laïcs et à tous les membres de ce dicastère ; à l'Archevêque de Madrid, Monsieur le Cardinal Antonio Maria Rouco Varela, à ses Auxiliaires et à tout l'archidiocèse ; en particulier au coordinateur général des Journées, Mgr César Augusto Franco Martínez et à ses nombreux collaborateurs si généreux. Les Évêques, avec les prêtres, les personnes consacrées et les fidèles laïcs, ont travaillé avec sollicitude et abnégation dans leur diocèse pour la préparation soignée de ces Journées. J'adresse à tous mes remerciements avec ma prière au Seigneur pour qu'il bénisse vos efforts pastoraux.

Je ne peux pas manquer de remercier de tout cœur les jeunes pour être venus à ces Journées, pour leur participation joyeuse, enthousiaste et intense. Je leur dis : merci et félicitations pour le témoignage que vous avez donné à Madrid et dans les autres villes espagnoles où vous avez été. Je vous invite à diffuser jusqu'aux confins du monde la joyeuse et profonde expérience de foi vécue dans ce noble pays. Transmettez votre allégresse spécialement à ceux qui auraient désiré venir et qui n'ont pas pu le faire pour diverses raisons, à ceux nombreux qui ont prié pour vous et à ceux dont la célébration elle-même de ces Journées a touché le cœur. Par votre proximité et par votre témoignage, aidez vos amis et compagnons à découvrir qu'aimer le Christ c'est vivre en plénitude.

Je laisse l'Espagne très content et je vous remercie tous. Surtout Dieu, Notre Seigneur, qui m'a permis de célébrer ces journées si pleines de grâce et d'émotion, si chargées de dynamisme et d'espérance. Oui, la fête de la foi que nous avons partagée, nous permet de regarder en avant avec beaucoup de confiance dans la Providence qui guide l'Église à travers les méandres de l'histoire ! C'est pourquoi elle reste jeune et garde sa vitalité, même en affrontant des situations ardues. C'est là l'œuvre du Saint-Esprit qui rend présent Jésus-Christ dans les cœurs des jeunes de chaque époque, et leur montre ainsi la grandeur de la vocation divine de tout être humain. Nous avons pu expérimenter aussi comment la grâce du Christ fait tomber les murs et dépasser les frontières que le péché a fait s'élever entre les peuples et les générations, pour faire de tous les hommes une seule famille qui se reconnaît unie dans l'unique Père commun, et qui cultive par son travail et par son respect tout ce qu'Il nous a donné dans la création.

Les jeunes répondent rapidement quand on leur propose avec sincérité et vérité la rencontre avec Jésus-Christ, unique rédempteur de l'humanité. Ils retournent maintenant chez eux comme des missionnaires de l'Évangile « enracinés dans le Christ et édifiés par Lui, fermes dans la foi », et ils auront besoin d'aide sur ce chemin. Je confie, donc, de manière particulière aux évêques, aux prêtres, aux religieux et aux éducateurs chrétiens, l'attention pour la jeunesse qui désire répondre avec joie à l'appel du Seigneur. Il n'y a pas de raison pour se décourager devant les contrariétés qui, de diverses manières, se présentent dans certains pays. Plus forte qu'elles, est l'aspiration vers Dieu, que le Créateur a mis dans le cœur des jeunes, et le pouvoir d'En-haut qui donne une force divine à ceux qui suivent le Maître et à ceux qui cherchent en Lui la nourriture pour la vie. N'ayez pas peur de proposer aux jeunes le message de Jésus-Christ dans sa totalité, et de les inviter aux sacrements par lesquels il nous rend participants à sa propre vie.

Majesté, avant de revenir à Rome, je désirer assurer les Espagnols qu'ils sont très présents dans ma prière. Je prie spécialement pour les couples et les familles qui affrontent des difficultés de diverses natures, pour ceux qui sont dans le besoin, pour les malades, pour les personnes âgées et pour les enfants, et pour ceux qui ne trouvent pas de travail. Je prie également pour les jeunes d'Espagne. Je suis convaincu qu'animés par la foi dans le Christ, ils apporteront le meilleur d'eux-mêmes pour que ce grand pays puisse affronter les défis de l'heure présente et continuer à avancer sur les chemins de la concorde, de la solidarité, de la justice et de la liberté. Formulant ces vœux, je recommande tous les enfants de cette noble terre à l'intercession de la Vierge Marie, notre Mère du Ciel, et je les bénis avec affection. Que la joie du Seigneur remplisse toujours vos cœurs ! Merci beaucoup.



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